1. Pouvez-vous présenter votre parcours et votre spécialisation en prononciation ?
Après un Master de communication et marketing, Audrey Charmont commence à donner des cours de français à de jeunes Vietnamiens arrivés à Paris. Elle se forme ensuite pendant trois ans à l’enseignement du français langue étrangère, avec une option phonétique et méthodologie de la prononciation. Cette spécialisation devient progressivement un axe important de son accompagnement des expatriés.
2. Maîtriser le français change-t-il réellement la qualité d’une expatriation en France ?
Le français facilite les démarches concrètes : comprendre des documents administratifs, prendre rendez-vous, échanger avec un médecin, comprendre un contrat, faire des achats, utiliser les transports ou communiquer avec une école. L’objectif n’est pas nécessairement de parler un français parfait, mais de comprendre et de se faire comprendre dans les situations de la vie quotidienne, professionnelle et sociale.
3. Comment dépasser la peur de parler et de faire des erreurs ?
Le travail consiste notamment à désacraliser la prise de parole. L’objectif est de se faire comprendre et de prendre plaisir à échanger. Les situations concrètes sont privilégiées et toutes les petites fautes ne sont pas corrigées systématiquement. Constater que l’on peut tenir une conversation malgré son accent ou quelques erreurs aide progressivement à prendre confiance.
4. Peut-on réellement améliorer son accent français à l’âge adulte ?
Oui. Audrey compare ce travail à un entraînement physique : apprendre à placer les lèvres et la langue et à utiliser différemment l’appareil phonatoire produit des résultats audibles. Les voyelles nasales figurent parmi les difficultés fréquentes, mais la mélodie de la langue — enchaînements, tempo et intonations — joue également un rôle majeur.
5. Faut-il commencer les cours avant le départ ?
Atteindre un niveau A1 avant l’installation peut être utile. Une fois arrivé, l’expatrié doit gérer de nombreuses autres priorités et l’apprentissage de la langue risque de passer au second plan.
6. Comment adapter les cours aux besoins réels de chaque expatrié ?
Les cours individuels sont conçus sur mesure après une évaluation du niveau, des difficultés et surtout des besoins concrets. Le contenu peut ainsi porter sur la vie quotidienne, les démarches administratives, les réunions, l’entretien d’embauche ou le développement du réseau professionnel.
7. Comment transformer la vie quotidienne en outil d’apprentissage ?
Il faut provoquer les situations : aller au cinéma ou au théâtre, participer à des activités, téléphoner pour réserver plutôt que tout faire en ligne. Audrey conseille également de noter les mots entendus ou vus au quotidien puis de prendre le temps de les rechercher.
8. Trois conseils pour parler avec davantage de fluidité et de confiance ?
Oser parler même avec des erreurs ; écouter beaucoup de français pour s’habituer au rythme et aux intonations ; pratiquer de façon ciblée sur les difficultés qui empêchent de se sentir à l’aise. L’objectif n’est pas d’effacer absolument son accent, mais d’être clair, naturel et libre de communiquer.